Variole du singe. Non, vous n’avez pas besoin d’être vacciné pour voyager

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Alors que les cas de variole du singe se multiplient en Europe et en Amérique du Nord, faut-il se faire vacciner contre la variole humaine pour voyager ? C’est la question posée par plusieurs personne qui veulent voyager. On vous aide à y voir plus clair avec Yannick Simonin, virologue et enseignant-chercheur à l’université de Montpellier et Antoine Gessain, médecin et virologue responsable d’une unité d’épidémiologie de l’Institut Pasteur à Paris.

La variole du singe ou « orthopoxvirose simienne », cette maladie rare originaire d’Afrique, se répand progressivement en Europe et en Amérique du Nord avec plusieurs cas détectés. À ce jour, au moins huit pays européens ont signalé des cas de variole du singe : le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et la Suède. « Des cas semblables et récents ont également été signalés en Australie, au Canada et aux États-Unis », a précisé Hans Kluge, responsable de l’antenne européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un communiqué.

Non, vous n’avez pas besoin d’être vacciné pour voyager.

Non, il n’existe pas de traitements ou de vaccins spécifiques contre l’orthopoxvirose simienne, mais on peut endiguer les flambées, explique l’OMS. On a prouvé dans le passé que la vaccination antivariolique avait une efficacité pour la prévention de la variole du singe mais le vaccin n’est plus disponible pour le grand public après l’arrêt de sa fabrication due à l’éradication mondiale de la variole.

« La bonne nouvelle, c’est que le vaccin contre la variole marche contre la variole du singe. La mauvaise c’est que la plupart des personnes de moins de 45 ans ne sont pas vaccinées », a tweeté l’épidémiologiste Eric Feigl-Ding.

La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de 14 à 21 jours. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l’ampleur de l’exposition au virus, à l’état de santé du patient et à la gravité des complications.

Les personnes vaccinées contre la variole sont-elles mieux protégées ?
Oui. « Le vaccin contre la variole humaine va avoir un taux de protection de 85 % contre la variole du singe ».

Concrètement, les personnes vaccinées contre la variole humaine ont donc « une forme de protection ». Ce sont majoritairement « les personnes âgées de plus de 50 ans. Nous ne sommes donc pas face à une population totalement dépourvue de protection immunitaire contre ce virus, contrairement à ce qui s’est passé avec la pandémie de Covid-19 ».

Qui faudrait-il vacciner en priorité ?
« On n’a pas besoin de vacciner des populations localement. Les seules populations qui sont à vacciner quelques fois, ce sont les gens qui travaillent avec ce type de virus dans les laboratoires », répond Antoine Gessain, médecin et virologue responsable d’une unité d’épidémiologie de l’Institut Pasteur, spécialisé dans les zoonoses, les maladies infectieuses des animaux transmissibles à l’humain.

En clair, si c’était nécessaire, la vaccination contre la variole humaine se ferait « en petite quantité parce que ce serait vacciner l’entourage des cas contacts et le personnel hospitalier. Pour ceux-là, on a toujours un stock de vaccins à disposition », poursuit le virologue Yannick Simonin. Et d’ajouter que nous ne sommes pas « dans le schéma d’une vaccination de l’ensemble de la population. Ce n’est pas un virus qui se transmet facilement d’homme à homme. Il faut vraiment un contact étroit et prolongé ».

Vacciner les cas contacts
Face à l’augmentation de cas de variole du singe, certains pays s’organisent pour endiguer la transmission de la maladie. En Espagne, le ministère de la Santé s’apprête à acheter des milliers de doses d’un vaccin contre la variole traditionnelle, a rapporté le quotidien El País . Ce vaccin n’est pas destiné à être administré à la population générale, mais uniquement aux contacts des cas confirmés.

Idem aux États-Unis. Le pays se prépare également à vacciner les personnes ayant été en contact proche avec des patients atteints de la variole du singe, au moment où le pays, qui compte aujourd’hui cinq cas probables ou confirmés, s’attend à voir leur nombre augmenter.

« Nous souhaitons maximiser la distribution de vaccins à ceux dont nous savons qu’ils en bénéficieraient, a déclaré Jennifer McQuiston, responsable au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), lors d’une conférence de presse. C’est-à-dire ceux ayant été en contact avec un patient connu de la variole du singe, comme les soignants, les contacts personnels très proches, particulièrement ceux à risque de développer un cas grave de la maladie. »

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